Isabelle Dubosc

Je suis née à Pékin où mon père était attaché culturel et où il s’est constitué une grande collection de peintures chinoises, peintures qu’il m’a souvent montrées et fait apprécier, ce qui a été formateur.

Pendant longtemps, comme tout le monde, j’ai utilisé ou plutôt subi des contraintes (familiales, scolaires, sociétales) sans vraiment réfléchir à leur emploi.

Les premières étapes de ma réflexion ont accompagné celles de ma préparation aux Beaux Arts et de mes premières travaux dans cette école. Elles concernaient les règles de l’art, les techniques et le style de certains artistes et des traveaux sur le pastiche.

Cette pratique a influencé mon propre travail qui s’est transformé en mariages de styles (cf l’article sur le style dans Formule n°…) ce qui m’évitait les pastiches trop impersonnels.

Mon premier usage personnel de la contrainte a eu lieu au cours de mes études de psychologie, études que j’ai menées à la suite de de mon passage aux Beaux Arts. Il s’agissait alors pour moi de faciliter les efforts de participants (enfants et ados en difficulté) à des ateliers qui ressemblaient à de l’Art Thérapie. Pour que ces volontaires réussissent à tous les coups, je leur donnais des consignes en commençant par » Jacques a dit » ce qui semblait plus ludique. Suivait des directives très précises sur ce qu’il fallait faire et sur le vocabulaire à employer. Vocabulaire que j’avais tiré de Miro, Kandinsky, Klee, etc Plus tard, au moment du covid, j’ai pu envoyer ces dictées picturales à la Mairie de mon quartier qui souhaitait des idées de distractions pour les familles …

Puis, j’ai voulu créer mes propres contraintes en faisant des recherches sur l’espace sans vide et le temps très court (3 mn.).

Cette période a été suivie par des travaux sur les permutations qui permettaient de rendre une œuvre infinie puisque les manipulations de celleci offraient toujours de nouvelles images. Il y a eu les permutations de petits tableaux ; de surfaces remplies de cubes, de rouleaux peints et même de pinces à linge.

Maintenant je m’intéressa à la métamorphose. Elle a d’abord consisté à passer d’une peinture abstraite à l’image d’un visage avec la seule adjonction de quelques signes. Ces métamorphoses, j’ai pu les multiplier en utilisant divers supports, photos, publicités, reproductions diverses, paysages, etc Un livre doit les regrouper…

Je travaille aussi sur le sourire, toujours avec des éléments simples mais avec des fonds plus personnels.

Et je reviens enfin sur d’anciennes pratiques consistant à ajouter ou à retrancher à des œuvres existantes des lignes, des couleurs et des formes nouvelles dans un ordre donné. Et je sacrifie du temps aussi mon obsession des alphabets.